“Ladies and gentlemen, please welc
ome the greatest football club in the world…Manchester United”
ome the greatest football club in the world…Manchester United”Clameur dans le stade, chair de poule sur mes bras…
Introduction du speaker un poil prétentieuse, mais qui fait diablement son effet. Me voici donc ce 22 janvier 2011, à Old Trafford, pour assister à ce Manchester United – Birmingham City. Au-delà du prestige, « footballistiquement » parlant, que cela représente de pouvoir voir une fois dans sa vie United dans son antre (c’est comme assister à une représentation de la Callas à la Scala de Milan, c’est ce qui se fait quasiment de mieux dans son propre domaine), ce voyage a une valeur affective forte pour moi. Depuis qu’un certain Eric est devenu King à Manchester, je me suis pris de passion pour ce maillot rouge. Mais comment se sentir, ou même prétendre être supporter d’un club qui n’est même pas dans son propre pays, et dont on se contente pendant des années d’apercevoir des bribes d’images ou d’information ?
Je suis d’accord, on est à la limite de la masturbation intellectuelle, il ne s’agit que de foot après tout. Cependant depuis quelques mois la question se posait pour moi. Au fond, à quoi cela rime ? D’autant plus que tout ce que l’on peut dire, écrire ou penser autour du foot m’insupporte de plus en plus. Le pompon ayant été atteint pendant la dernière « Coupeuh du mondeuh de la FIFA ». Le ridicule atteint par les Bleus, la multitude d’émissions cherchant la moindre polémique, starisation et importance excessive donnée aux joueurs et au jeu, sans parler de la médiocrité globale de la qualité de ce même jeu proposé par les 32 équipes… L’overdose a été atteinte, et quand la saison a repris, je n’arrivais plus à regarder un match en entier, fut-il de United… La question du « pourquoi du comment » je pouvais vibrer pour ce club perdu dans nord ouest de l’Angleterre se posait donc logiquement.
J’avais déjà quelques éléments de réponses cependant. Comme je le disais juste au dessus, c’est l’avènement du King Cantona qui fut l’élément déclencheur. De plus on voyait des images inédites d’un championnat anglais aux maillots colorés, aux ambiances chantantes et aux tribunes collées au terrain. C’était nouveau et il y’avait ce coté rare, que seuls les abonnés à Canal+ pouvait découvrir plus en détails. Je pensais donc pouvoir me situer au-delà du premier Footix venu, qui à découvert le club avec Beckham et l’épopée 1999 ; ou pire, avec Ronaldo… (Et dire que se sont souvent ceux là les premiers à se décréter supporters…) Néanmoins je sentais la passion se tarir petit à petit, au point de ne plus suivre systématiquement le match du samedi, et de ne plus revoir les images dans l’Equipe du dimanche (la nouvelle formule joue pas mal il faut dire… Car oui, depuis je suis devenu grand et j’ai les moyens de me payer un abonnement à Canal). Un coup d’œil sur lequipe.fr me suffisait.
- Je fais un petit apparté : je vous rassure, j’ai bien conscience que tout ça est accessoire, tout va très bien dans ma vie et je ne me morfonds pas à cause de ce genre de problème ! -
Et puis, et puis il y’a un peu de mieux, les bons résultats se sont enchainés, la place de leader est revenue… Jusqu’à ce réveillon de Noël, ou à l’initiative de mon meilleur ami de 25 ans (un peu comme Chirac et Balladur quoi) et d’un autre ami, fan qui mourrait d’envie de mettre les pieds là-haut, m’attendait dans une grosse boite un pack vol-hotel-match à Old Trafford. Mes amis et mes proches se sont regroupés pour m’offrir ce formidable cadeau, qui m’a laissé comme sonné un bon moment !
Me voilà donc dans le froid humide du nord, au milieu d’un après midi grisâtre, à arpenter les rues voisines d’Old Trafford. A ma grande surprise, le quartier est composé de ces typiques petites maisons anglaises, de brique rouges. Alignées en rang d’oignons, certaines ont l’air vétustes, d’autres carrément abandonnées. Le contraste est assez saisissant avec le stade qui se dresse derrière. S’il n’est pas flambant neuf, on sait qu’il s’agit du stade de Man United et qu’au fond, ça respire le pognon là-dedans. Pardon pour la poésie, mais il fallait le dire !
Le cliché des fishs and chips et des vendeurs de fanzine et autre produits dérivés plus ou moins officiels est quant à lui bien présent. On est dans l’atmosphère d’un match de foot anglais, telle que l’on pourrait typiquement se la représenter. Autre surprise, l’assistance est très populaire, loin de l’image que je me faisais d’un stade rempli de touristes coréens les yeux rivés sur leur objectif pour prendre Park en photo, ou de cadres de la City venus se détendre entre deux bonus. Il y’en a bien quelques uns (de coréens, pas de banquiers) mais vraiment peu nombreux. C’est donc au milieu des odeurs de friture et des slogans « Red Issue, only 2.50 ! » des vendeurs que l’on s’avance vers le pied du stade.
Comme je le disais, il n’est pas flambant neuf, et finalement ne paie pas de mine. Une belle façade vitrée, surplombée du nom de club hôte en lettres rouges vient donner plus de cachet à l’ensemble, mais on est loin du modernisme d’un Emirates Stadium ou du gigantisme d’un Camp Nou. Cependant c’est assez logique, car Old Trafford à eu 100 ans en 2010. Evidemment il ne reste rien du stade originel (hormis l’ancien tunnel des joueurs, situé entre les deux bancs de touche - de rien pour l’anecdote…) mais il est à cet emplacement depuis un siècle. Car Manchester United est un club qui tire une grande partie de son prestige de sa très riche histoire. Et il faut vite se rendre à l’évidence, cela se voit partout à Old Trafford. Ne nous voilons pas la face, il s’agit bien sur d’un fond de commerce désormais. Néanmoins, il ne faudrait pas bouder son plaisir de déambuler dans ce musée à ciel ouvert, ayant abrité de bien belles heures de football.
La statue de sir Matt Busby trône modestement au pied de cette immense façade vitrée, elle fait face à la Trinity : Best, Law, Charlton eux aussi immortalisés face au stade et à leur ancien manager. Je ne résiste pas à la tentation de me faire prendre en photo à leurs pieds, tanpis pour le coté Disneyland, ce sont des joueurs mythiques parmi les mythes, 3 anciens Ballon d’or.
Puis nous entamons un tour à pied de l’enceinte, histoire de s’imprégner un peu plus de l’atmosphère. La visite de ce « musée à ciel ouvert » se poursuit, puisque nous trouvons tout de suite le mémorial de la catastrophe aérienne de Munich, en 1958, avec sa fameuse horloge. Il parait que la tradition veut que les supporters viennent toucher ce mur avant d’entrer dans le stade, mais je n’ai vu personne procéder à ce rituel.


Ensuite nous débouchons sur le « Munich Tunnel » qui passe sous la tribune sud… Evidemment il s’agit de rendre hommage à travers une multitude de vitrines aux victimes et survivants de cette catastrophe, qui ont une importance fondamentale dans l’histoire du club, et dans sa popularité. Bien que ça puisse paraitre « too much », j’ai trouvé l’ensemble bien équilibré, afin d’éviter le passéisme tout en permettant de maintenir dans la mémoire collective ce moment de l’histoire du club.
Avant d’attaquer le tunnel est, qui passe sous la fameuse Stretford End, quelques barrières et tout petit attroupement au milieu de cette foule en mouvement, nous indiquent l’entrée du vestiaire. Une halte de cinq minutes nous permet de voir arriver le plus simplement du monde Owen Hargreaves puis Rio Ferdinand. Simplement escortés par deux stadiers, ceux ci traversent la foule, s’arrêtant signer quelques autographes et remerciant la foule pour les quelques encouragements qui fusent, mais sans aucune bousculade ni hystérie. Décidément, j’aime cette ambiance qu’il me semble possible de ne trouver qu’ici.
Les poids de l’histoire est à nouveau présent dans le tunnel est, qui nous propose une rétrospective de plus grands moments d’Old Trafford, à l’aide de nombreux panneaux suspendus au plafond. Sobre et efficace, on sent bien que nous sommes dans un endroit qui n’usurpe pas son surnom de « théâtre des rêves ». Enfin nous gagnons le bout de la tribune nord, ou se situent nos places. Le match n’a lieu que dans une heure, mais l’impatience se fait sentir. C’est comme mourir de soif en plein désert et se faire languir e avant de boire un verre d’eau glacée. Une fois gravi le long escalier de métal, un besoin de rafraichissement se fait sentir en passant devant le bar (l’occasion de se rendre compte que l’alcool est interdit autour du stade… mais que la bière est vendue à l’intérieur… Dans des bouteilles en plastiques cependant ! Pas de bagarre à coup de tessons pour cette fois !), puis vient le moment de pénétrer dans l’arène.
En haut de l’escalier, l’air froid vient saisir notre visage, puis notre vision plonge au cœur de l’antre. De notre virage, la vue est imprenable sur ces tribunes rouges, qui donnent l’impression de monter dès les lignes blanches tracées au sol. La sensation de proximité avec le terrain est saisissante, à des années lumières de la froideur d’un Stade de France, bien mal pensé en tant qu’arène sportive. Avec le (timide) rayon de soleil perçant à ce moment là, le stade ressemble à un écrin d’un rouge presque flamboyant. Tout simplement, ce stade est beau.

Mais pour le moment, le calme règne, seule la sono diffuse de la musique pour faire passer le temps, car les tribunes sont bien vides. Heureusement, là ou nous avons droit en France à des tubes FM d’un gout douteux, nos cousins brits ont bien plus de gout et les Killers, Muse et autres Kaiser Chiefs se succèdent pour le plus grand plaisir de mes cages à miel. Et puis, en à peine cinq minutes, le stade se garnit spectaculairement pour ne plus laisser apparaitre que quelques sièges rouges égarés au milieu des supporters. Le speaker annonce les équipes, Birmingham récoltant une indifférence quasi-totale, même pas de sifflets, quand chaque membre du onze mancunien reçoit une clameur d’approbation (un peu plus appuyée pour Giggs et Captain Vidic).
L’entrée des acteurs de faisant non sans quelques frissons un peu partout sur mes bras, le match débute très rapidement ; et même trop rapidement pour les blues qui encaissent un but sur la première action des Reds. La clameur qui gronde sourdement au fur et à mesure que l’action se développe est un vrai délice pour les oreilles, avant l’explosion finale lorsque le ballon claque dans les filets. Deux autres buts suivront, les joueurs de City étant complètement noyés sous le flot d’action mancuniennes. Le troisième ayant une saveur particulière, étant marqué par Monsieur Ryan Giggs, juste sous mes yeux, au terme d’une superbe action collective. J’étais venu pour le voir jouer, non seulement il est titulaire, mais est en plus très bon, régalant tout ce côté du stade avec quelques mouvements bien sentis. Et dire qu’il à 37 ans… On ne peut que respecter la performance du bonhomme. D’ailleurs, le virage s’est spontanément levé comme un seul homme lorsqu’il s’est approché pour simplement…tirer un corner ! Là encore, des frissons…
La performance collective est aboutie, appliquée, comme une partition récitée sans fausse note. Je suis gâté, pour ma première à Old Trafford, United réussi certainement un des meilleurs matchs de sa saison. Le stade vibre de plaisir au cours de cette première mi-temps, et les clameurs, chants et applaudissements qui montent et résonnent sous le toit sont un pur délice.

Mi-temps –-bar – toilettes, puis la seconde période débute aussi bien qu’elle a débuté, avec un nouveau but de Berbatov, qui signe son troisième hat-trick de la saison (j’ai pensé à mon lectorat féminin, j’ai mis un lien au cas ou « hat-trick » ne vous parlerait pas – performance remarquable du bulgare au passage). Le public, réactif et spontané, entonne immédiatement un chant à la gloire de Van der Sar, le gardien, à l’origine du but sur un très long dégagement. Un cinquième but de Nani met fin au supplice des visiteurs, qui pousseront la médiocrité jusqu'à rater un but tout fait, sous les chambrages amusés du public. Finalement l’ambiance se tarit, le score n’évoluera plus et certains supporters s’en allant dès la 80ème minute. Au vu de la queue à la gare de tramway plus tard, nous comprendrons mieux le pourquoi du comment.

Au final, le suspense ayant vite été plié, il ne m’a pas semblé me rendre compte de tout le potentiel que ce stade et ce public offrent du point de vue de l’ambiance qui peut y régner lors des grands soirs de football, ceux qui lui ont valu son surnom. Y revenir pour une demi-finale de Ligue des Champions, ou un match décisif de fin de championnat dans la course au titre, devrait permettre d’approcher le nirvana…
Je suis donc non seulement comblé par ce voyage, mais aussi rassuré car la passion est toujours là. Et j’ai un peu résolu ce cas de conscience, je me sens un peu plus "légitime" pour supporter ce club et vibrer au rythme de ses exploits (ou non-exploits, comme ce week end à Wolverhampton… il y’a des jours comme ça… !).
J'en profite pour souhaiter une bonne année 2011 à mes milliers de lecteurs (oui, c'est trop tard, la convention sociale de janvier est épuisée... mais bref...), un joyeux premier anniversaire à ce blog, et m'excuser (un peu, pas trop non plus...) pour ce manque d'activité ces derniers temps. Pourtant j'ai débuté plusieurs articles, mais difficile d'arriver à les terminer ! Merci à Isa qui m'a boosté avec son commentaire :D
Introduction du speaker un poil prétentieuse, mais qui fait diablement son effet. Me voici donc ce 22 janvier 2011, à Old Trafford, pour assister à ce Manchester United – Birmingham City. Au-delà du prestige, « footballistiquement » parlant, que cela représente de pouvoir voir une fois dans sa vie United dans son antre (c’est comme assister à une représentation de la Callas à la Scala de Milan, c’est ce qui se fait quasiment de mieux dans son propre domaine), ce voyage a une valeur affective forte pour moi. Depuis qu’un certain Eric est devenu King à Manchester, je me suis pris de passion pour ce maillot rouge. Mais comment se sentir, ou même prétendre être supporter d’un club qui n’est même pas dans son propre pays, et dont on se contente pendant des années d’apercevoir des bribes d’images ou d’information ?
Je suis d’accord, on est à la limite de la masturbation intellectuelle, il ne s’agit que de foot après tout. Cependant depuis quelques mois la question se posait pour moi. Au fond, à quoi cela rime ? D’autant plus que tout ce que l’on peut dire, écrire ou penser autour du foot m’insupporte de plus en plus. Le pompon ayant été atteint pendant la dernière « Coupeuh du mondeuh de la FIFA ». Le ridicule atteint par les Bleus, la multitude d’émissions cherchant la moindre polémique, starisation et importance excessive donnée aux joueurs et au jeu, sans parler de la médiocrité globale de la qualité de ce même jeu proposé par les 32 équipes… L’overdose a été atteinte, et quand la saison a repris, je n’arrivais plus à regarder un match en entier, fut-il de United… La question du « pourquoi du comment » je pouvais vibrer pour ce club perdu dans nord ouest de l’Angleterre se posait donc logiquement.
J’avais déjà quelques éléments de réponses cependant. Comme je le disais juste au dessus, c’est l’avènement du King Cantona qui fut l’élément déclencheur. De plus on voyait des images inédites d’un championnat anglais aux maillots colorés, aux ambiances chantantes et aux tribunes collées au terrain. C’était nouveau et il y’avait ce coté rare, que seuls les abonnés à Canal+ pouvait découvrir plus en détails. Je pensais donc pouvoir me situer au-delà du premier Footix venu, qui à découvert le club avec Beckham et l’épopée 1999 ; ou pire, avec Ronaldo… (Et dire que se sont souvent ceux là les premiers à se décréter supporters…) Néanmoins je sentais la passion se tarir petit à petit, au point de ne plus suivre systématiquement le match du samedi, et de ne plus revoir les images dans l’Equipe du dimanche (la nouvelle formule joue pas mal il faut dire… Car oui, depuis je suis devenu grand et j’ai les moyens de me payer un abonnement à Canal). Un coup d’œil sur lequipe.fr me suffisait.
- Je fais un petit apparté : je vous rassure, j’ai bien conscience que tout ça est accessoire, tout va très bien dans ma vie et je ne me morfonds pas à cause de ce genre de problème ! -
Et puis, et puis il y’a un peu de mieux, les bons résultats se sont enchainés, la place de leader est revenue… Jusqu’à ce réveillon de Noël, ou à l’initiative de mon meilleur ami de 25 ans (un peu comme Chirac et Balladur quoi) et d’un autre ami, fan qui mourrait d’envie de mettre les pieds là-haut, m’attendait dans une grosse boite un pack vol-hotel-match à Old Trafford. Mes amis et mes proches se sont regroupés pour m’offrir ce formidable cadeau, qui m’a laissé comme sonné un bon moment !
Me voilà donc dans le froid humide du nord, au milieu d’un après midi grisâtre, à arpenter les rues voisines d’Old Trafford. A ma grande surprise, le quartier est composé de ces typiques petites maisons anglaises, de brique rouges. Alignées en rang d’oignons, certaines ont l’air vétustes, d’autres carrément abandonnées. Le contraste est assez saisissant avec le stade qui se dresse derrière. S’il n’est pas flambant neuf, on sait qu’il s’agit du stade de Man United et qu’au fond, ça respire le pognon là-dedans. Pardon pour la poésie, mais il fallait le dire !
Le cliché des fishs and chips et des vendeurs de fanzine et autre produits dérivés plus ou moins officiels est quant à lui bien présent. On est dans l’atmosphère d’un match de foot anglais, telle que l’on pourrait typiquement se la représenter. Autre surprise, l’assistance est très populaire, loin de l’image que je me faisais d’un stade rempli de touristes coréens les yeux rivés sur leur objectif pour prendre Park en photo, ou de cadres de la City venus se détendre entre deux bonus. Il y’en a bien quelques uns (de coréens, pas de banquiers) mais vraiment peu nombreux. C’est donc au milieu des odeurs de friture et des slogans « Red Issue, only 2.50 ! » des vendeurs que l’on s’avance vers le pied du stade.
Comme je le disais, il n’est pas flambant neuf, et finalement ne paie pas de mine. Une belle façade vitrée, surplombée du nom de club hôte en lettres rouges vient donner plus de cachet à l’ensemble, mais on est loin du modernisme d’un Emirates Stadium ou du gigantisme d’un Camp Nou. Cependant c’est assez logique, car Old Trafford à eu 100 ans en 2010. Evidemment il ne reste rien du stade originel (hormis l’ancien tunnel des joueurs, situé entre les deux bancs de touche - de rien pour l’anecdote…) mais il est à cet emplacement depuis un siècle. Car Manchester United est un club qui tire une grande partie de son prestige de sa très riche histoire. Et il faut vite se rendre à l’évidence, cela se voit partout à Old Trafford. Ne nous voilons pas la face, il s’agit bien sur d’un fond de commerce désormais. Néanmoins, il ne faudrait pas bouder son plaisir de déambuler dans ce musée à ciel ouvert, ayant abrité de bien belles heures de football.
La statue de sir Matt Busby trône modestement au pied de cette immense façade vitrée, elle fait face à la Trinity : Best, Law, Charlton eux aussi immortalisés face au stade et à leur ancien manager. Je ne résiste pas à la tentation de me faire prendre en photo à leurs pieds, tanpis pour le coté Disneyland, ce sont des joueurs mythiques parmi les mythes, 3 anciens Ballon d’or.
Puis nous entamons un tour à pied de l’enceinte, histoire de s’imprégner un peu plus de l’atmosphère. La visite de ce « musée à ciel ouvert » se poursuit, puisque nous trouvons tout de suite le mémorial de la catastrophe aérienne de Munich, en 1958, avec sa fameuse horloge. Il parait que la tradition veut que les supporters viennent toucher ce mur avant d’entrer dans le stade, mais je n’ai vu personne procéder à ce rituel.
Ensuite nous débouchons sur le « Munich Tunnel » qui passe sous la tribune sud… Evidemment il s’agit de rendre hommage à travers une multitude de vitrines aux victimes et survivants de cette catastrophe, qui ont une importance fondamentale dans l’histoire du club, et dans sa popularité. Bien que ça puisse paraitre « too much », j’ai trouvé l’ensemble bien équilibré, afin d’éviter le passéisme tout en permettant de maintenir dans la mémoire collective ce moment de l’histoire du club.
Avant d’attaquer le tunnel est, qui passe sous la fameuse Stretford End, quelques barrières et tout petit attroupement au milieu de cette foule en mouvement, nous indiquent l’entrée du vestiaire. Une halte de cinq minutes nous permet de voir arriver le plus simplement du monde Owen Hargreaves puis Rio Ferdinand. Simplement escortés par deux stadiers, ceux ci traversent la foule, s’arrêtant signer quelques autographes et remerciant la foule pour les quelques encouragements qui fusent, mais sans aucune bousculade ni hystérie. Décidément, j’aime cette ambiance qu’il me semble possible de ne trouver qu’ici.
Les poids de l’histoire est à nouveau présent dans le tunnel est, qui nous propose une rétrospective de plus grands moments d’Old Trafford, à l’aide de nombreux panneaux suspendus au plafond. Sobre et efficace, on sent bien que nous sommes dans un endroit qui n’usurpe pas son surnom de « théâtre des rêves ». Enfin nous gagnons le bout de la tribune nord, ou se situent nos places. Le match n’a lieu que dans une heure, mais l’impatience se fait sentir. C’est comme mourir de soif en plein désert et se faire languir e avant de boire un verre d’eau glacée. Une fois gravi le long escalier de métal, un besoin de rafraichissement se fait sentir en passant devant le bar (l’occasion de se rendre compte que l’alcool est interdit autour du stade… mais que la bière est vendue à l’intérieur… Dans des bouteilles en plastiques cependant ! Pas de bagarre à coup de tessons pour cette fois !), puis vient le moment de pénétrer dans l’arène.
En haut de l’escalier, l’air froid vient saisir notre visage, puis notre vision plonge au cœur de l’antre. De notre virage, la vue est imprenable sur ces tribunes rouges, qui donnent l’impression de monter dès les lignes blanches tracées au sol. La sensation de proximité avec le terrain est saisissante, à des années lumières de la froideur d’un Stade de France, bien mal pensé en tant qu’arène sportive. Avec le (timide) rayon de soleil perçant à ce moment là, le stade ressemble à un écrin d’un rouge presque flamboyant. Tout simplement, ce stade est beau.
Mais pour le moment, le calme règne, seule la sono diffuse de la musique pour faire passer le temps, car les tribunes sont bien vides. Heureusement, là ou nous avons droit en France à des tubes FM d’un gout douteux, nos cousins brits ont bien plus de gout et les Killers, Muse et autres Kaiser Chiefs se succèdent pour le plus grand plaisir de mes cages à miel. Et puis, en à peine cinq minutes, le stade se garnit spectaculairement pour ne plus laisser apparaitre que quelques sièges rouges égarés au milieu des supporters. Le speaker annonce les équipes, Birmingham récoltant une indifférence quasi-totale, même pas de sifflets, quand chaque membre du onze mancunien reçoit une clameur d’approbation (un peu plus appuyée pour Giggs et Captain Vidic).
L’entrée des acteurs de faisant non sans quelques frissons un peu partout sur mes bras, le match débute très rapidement ; et même trop rapidement pour les blues qui encaissent un but sur la première action des Reds. La clameur qui gronde sourdement au fur et à mesure que l’action se développe est un vrai délice pour les oreilles, avant l’explosion finale lorsque le ballon claque dans les filets. Deux autres buts suivront, les joueurs de City étant complètement noyés sous le flot d’action mancuniennes. Le troisième ayant une saveur particulière, étant marqué par Monsieur Ryan Giggs, juste sous mes yeux, au terme d’une superbe action collective. J’étais venu pour le voir jouer, non seulement il est titulaire, mais est en plus très bon, régalant tout ce côté du stade avec quelques mouvements bien sentis. Et dire qu’il à 37 ans… On ne peut que respecter la performance du bonhomme. D’ailleurs, le virage s’est spontanément levé comme un seul homme lorsqu’il s’est approché pour simplement…tirer un corner ! Là encore, des frissons…
La performance collective est aboutie, appliquée, comme une partition récitée sans fausse note. Je suis gâté, pour ma première à Old Trafford, United réussi certainement un des meilleurs matchs de sa saison. Le stade vibre de plaisir au cours de cette première mi-temps, et les clameurs, chants et applaudissements qui montent et résonnent sous le toit sont un pur délice.
Mi-temps –-bar – toilettes, puis la seconde période débute aussi bien qu’elle a débuté, avec un nouveau but de Berbatov, qui signe son troisième hat-trick de la saison (j’ai pensé à mon lectorat féminin, j’ai mis un lien au cas ou « hat-trick » ne vous parlerait pas – performance remarquable du bulgare au passage). Le public, réactif et spontané, entonne immédiatement un chant à la gloire de Van der Sar, le gardien, à l’origine du but sur un très long dégagement. Un cinquième but de Nani met fin au supplice des visiteurs, qui pousseront la médiocrité jusqu'à rater un but tout fait, sous les chambrages amusés du public. Finalement l’ambiance se tarit, le score n’évoluera plus et certains supporters s’en allant dès la 80ème minute. Au vu de la queue à la gare de tramway plus tard, nous comprendrons mieux le pourquoi du comment.
Au final, le suspense ayant vite été plié, il ne m’a pas semblé me rendre compte de tout le potentiel que ce stade et ce public offrent du point de vue de l’ambiance qui peut y régner lors des grands soirs de football, ceux qui lui ont valu son surnom. Y revenir pour une demi-finale de Ligue des Champions, ou un match décisif de fin de championnat dans la course au titre, devrait permettre d’approcher le nirvana…
Je suis donc non seulement comblé par ce voyage, mais aussi rassuré car la passion est toujours là. Et j’ai un peu résolu ce cas de conscience, je me sens un peu plus "légitime" pour supporter ce club et vibrer au rythme de ses exploits (ou non-exploits, comme ce week end à Wolverhampton… il y’a des jours comme ça… !).
J'en profite pour souhaiter une bonne année 2011 à mes milliers de lecteurs (oui, c'est trop tard, la convention sociale de janvier est épuisée... mais bref...), un joyeux premier anniversaire à ce blog, et m'excuser (un peu, pas trop non plus...) pour ce manque d'activité ces derniers temps. Pourtant j'ai débuté plusieurs articles, mais difficile d'arriver à les terminer ! Merci à Isa qui m'a boosté avec son commentaire :D
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- Alban
- Blog sans prétention, juste pour le plaisir de partager, ce qui me plait, mes passions ou les quelques petites choses intéressants qui peuvent se passer dans ma petite vie...
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4 commentaires:
Ça a du être un sacré moment pour toi, ça fait aussi un peu envie =p
Sinon super article, t'écris vraiment bien ;)
Je suis d'accord avec ben tiret, je n'en suis qu'à la moitié (je me garde le reste pour le goûter :p) et c'est super, tu as un don pour l'écriture! Ca a du être incroyable...
Super article Alban, en effet. Je suis content que tu ais pu avoir ton match, comme ça. Ca me fait penser à mon Real-Alavès en plus prolétaire :D
Ah, ben merci... ! je suis un peu gêné de ces compliments, mais ça fait plaisir ! Car c'est vrai qu'une fois que je suis lancé, j'écris avec plaisir, et tout vient assez naturellement. Le plus étant de se motiver pour débuter un nouveau sujet.
En tout cas ça me motive pour continuer. :)
Et effectivement ça a été un sacré moment. J'appréhendais un peu, en me disant qu'il y'avait un risque que ce ne soit pas aussi bien que j'avais toujours pu me l'imaginer. Donc j'ai fait comme pour U2, je ne suis pas trop projeté avant pour vraiment savoir la découverte le moment venu.
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