Aaaaaah le jeu vi
déo…ce loisir chronophage et addictif, responsable de tous les maux atteignant nos chères têtes blondes et de la future déchéance de tout un pays (message sponsorisé par Familles de France)…
Il est amusant de constater à quel point le jeu vidéo peu encore avoir mauvaise presse auprès de la sacro-sainte opinion publique (comprenez, la ménagère de moins de 50 ans). Les choses évoluent avec l'arrivée de consoles proposant des jeux plus grand public, les fameux casual games, malheureusement souvent de médiocre qualité sous couvert de vous faire secouer la Wiimote dans tous les sens. Il n'empêche que si l'on a plus de 20 ans, que l'on joue en dehors d'une réunion de famille avec Tata Maryse qui s'éclate sur le bowling de Wii sports avant le repas de Noël (vécu), on a toutes les chances d'être considéré comme un nolife, ou un adulte qui refuse de grandir (un enfulte, comme diraient les Robins des bois). J'ai en effet souvent droit à des petites remarque de ma chère et tendre mère « Mais tu joues encore ? Quand est-ce que tu vas arrêter avec ça ? »
Non je ne suis pas un nolife, oui j'ai passé ma crise d'ado, pourtant je joue toujours. Car figurez-vous madame Michu, que le jeu vidéo est un art et génère une gigantesque industrie désormais plus puissante que le cinéma.
J'aime toujours jouer, et je ne compte pas m'arrêter, à moins de manquer de temps un jour (naissance de triplés, promotion en temps que directeur général, remplacement de Bruce Wayne en tant que Batman…). Je m'en vais donc vous conter, sur le modèle de la formidable pentalogie de Benjamin, ma passion pour le jeu vidéo.
Au commencement, une triste boite grise…
Mes souvenirs les plus lointains me ramènent à la possession entre mes mains de ces petits jeux, ressemblant à un peu une DS (pas la voiture hein), mais qui proposaient des graphismes pour le moins sommaires, une action répétitive et à la difficulté devant vite insurmontable…du moins pour un enfant n'ayant pas 10 ans. J'ai le souvenir d'un jeu Zelda, à la finition remarquable d'ailleurs (couleurs vert et or, boitier métallique), qui me captivait. C'était en quelque sorte un amuse-bouche avant de gouter au fruit défendu.
Et ce fruit arriva par surprise, au détour d'une visite de mon parrain. C'était toujours un évènement lorsque je le voyais (et pas uniquement parce qu'il me gâtait), un peu trop vieux pour être le grand frère que l'on idéalise (je suis fils unique) mais l'impression qu'il me faisait s'en rapprochait. Au cours d'une de ses visites donc, nous voilà partis faire quelque banales courses en grande surface. Je le suis, buvant ses paroles comme à l'accoutumée, sans me rendre compte qu'il me conduit dans les rayons hi-fi. Il faut dire qu'à l'époque mon attention était encore plus porté sur le rayon jouet (ah que j'appréhende le jour ou j'amènerai ma future progéniture en courses et ou il faudra affronter le conflit qui me semble inévitable « P'pa, z'veux un Action man… Siiiiiii, il est trop bieeeeeen !!! »). Une fois dans ce fameux rayon, il se retourne vers moi et pose sa main sur un carton. Sur cette boite, s'inscrit en lettre rouges sur fond noir, au dessus d'un engin grisâtre « Nintendo Entertainement System ». Devant mon regard mi-interloqué, mi-incompréhensif (sans jouer les Caliméro, ma mère était loin de pouvoir m'offrir ce genre de cadeau à l'époque), il me demande simplement : « Tu la veux ? ».
Je me souviens juste avoir dit spontanément « Mais Maman, elle va dire quoi ? ». Après un rire franc de sa part, et l'assurance qu'elle était d'accord, je me souviens parader dans la galerie marchande, aussi fièrement que je ne l'avais jamais été, avec ma console dans les bras.
Le choc fut lorsque la console fut branchée, et que je me suis retrouvé aux commandes d'un guerrier en combinaison rose (Isolated Warrior, fourni avec la console). Mon premier reflexe fut de me reculer de l'écran, comme si j'avais du mal à appréhender ce qui s'offrait à mes yeux. J'ai revu ce jeu récemment sur le net, et je me rends compte qu'on est quand même facilement impressionnable à 10 ans. Je dois donc mon premier réel souvenir vidéoludique à mon parrain et à ce guerrier chevelu coincé dans sa combinaison rose (peut être une future recrue du Stade Français).

Par la suite j'ai passé de longues heures avec la manette carrée entre les mains, aux commandes de Paper Boy notamment, un jeu ou vous incarniez un livreur de journaux à vélo, devant effectuer sa mission tout au long d'une banlieue digne de Wisteria Lane (les virages en moins) et concluant chaque niveau par un parcours de cross sur un terrain vague. Bien sur chaque niveau (correspondant à un jour de la semaine, qui m'a d'ailleurs permis de connaitre les jours de la semaine avant de commencer les cours d'anglais) était de plus en plus dur avec des obstacles aussi variés qu'incongrus (on allait jusqu'à croiser la Mort avec sa faux). Je ne pense pas en avoir vu la fin, mon meilleur score devant s'arrêter à Friday ou peut être Saturday…

La fin des jeux représentait à l'époque une douce utopie qu'il ne m'était pas donné d'atteindre. A ce propos me vient le souvenir de Punch Out, fameux jeu de boxe comme son nom l'indique bien. Le jeu vous propose d'incarner un frêle boxeur en short vert et marcel noir, devant affronter des adversaires de plus en plus forts et de plus en plus imposants à l'écran (logique quoi), pour terminer par un combat contre Mike Tyson himself ! Or les coups étant assez rudimentaire (on frappe à gauche, à droite et au corps) et notre boxeur ne pouvant se déplacer, mais juste esquiver les coups, il fallait un sacré sens du timing et de l'observation pour progresser. Comme vous vous en doutez, je n'ai pas non plus vu la fin de ce jeu, n'ayant pas réussi à passer Mr Hollywood et ses coups en tornade, l'avant dernier boxeur.

Il en a résulté un complexe de la fin des jeux, du boss de fin, qui m'a longtemps suivi et que j'ai poursuivi sur le légendaire Super Mario, premier du nom sur NES. J'ai un tendre souvenir de notre bien aimée chatte blanche, sautant après l'écran pour attraper le petit Mario tout pixélisé (de quoi faire un magnifique Lolcatz en 2010). En tout cas elle ne m'a pas aidé à terminer le jeu, d'ailleurs je me demande s'il y'a un jeu que j'ai pu terminer sur cette satanée console. Il faut dire que certains titres étaient d'une difficulté affolante, par exemple Batman ou alors les Tortues Ninja (TMNT). J'étais en plein de ma période Cowabunga, on peut même me voir sur une photo de classe arborant un somptueux pull à l'effigie des quatre ninjas (le tout sur fond bleu de quoi chopper une crise d'épilepsie…Par contre je n'avais plus la coupe Mireille Mathieu comme Benjamin, ouf !) ; et j'ai donc tenté l'aventure tout frétillant à l'idée d'incarner les tortues… C'était sans compter sur l'atroce difficulté de ce titre, surtout quand on sait qu'on s'adressait à une majorité d'enfants à l'époque. Impossible de progresser plus loin que le second niveau ou pas très loin. Horreur et tragédie, ma carrière d'aspirant tortue ninja était brisée…

Cette difficulté des soft de l'époque (bon, à mettre en rapport avec mon âge aussi) m'a poussé à développer un complexe d'infériorité vis-à-vis de la toute puissance de « l'ordinateur », la fameuse Intelligence Artificielle là haut dans les cieux, si loin de nous simple mortels. Ainsi, pendant longtemps j'ai refusé de jouer à un tas de jeu ou l'on devait affronter « l'ordinateur », ou alors en niveau easy.
Heureusement, un autre monde s'est ouvert à moi : la Super Nes…
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5 commentaires:
Mais pourquoi les gens nous reprochent encore de nous amuser ? Je trouve ça très bien d'être encore un peu gamin dans sa tête. Et puis les adultes sont d'un chiant (y a qu'à voir les vieux).
Sinon j'ai bien aimé l'article ou j'ai ressenti pas mal de sensations semblables. L'anecdote de la Nes acheté au supermarché a du marquer ton enfance :D
On a eu de la chance de grandir avec la quasi naissance des jeux vidéos et de voir leur évolution. Et c'était quelque chose que l'on puisse s'émerveiller devant ce qui n'est plus qu'un bouilli de pixels maintenant.
Je n'ai qu'une chose à dire : vivement la suite!
Ton récit de ta première console est vraiment génial, c'est le genre de souvenir que tu gardes toute ta vie et qui met sur un piedestal celui qui te fait ce genre de cadeau!
Je me rends compte que j'ai pas mal joué à ces jeux là aussi. Mais j'étais nase, j'arrivais à rien faire. Je me demande, tiens, si on aurait encore du mal aujourd'hui avec notre intelligence motrice d'adulte, on si on y arriverait encore moins bien... En tout cas, c'est clair que c'était une autre époque niveau graphismes et difficultés...
Bon article Mr Strozy! j'aime lire les récites geekesques!
c'est bôoooooooo !
Vivement la suite :)
La suite! La suite! La suite!
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