Il y'a eu
plus important dimanche dernier que le premier tour des élections régionales, ou la mort de Peter Graves. Dimanche 14 mars, il y'a eu la blessure de David Beckham, qui semblait déjà assez sérieuse sur le coup, et qui depuis nous est confirmée comme le privant de Coupe du monde à 99% (qui sait, sur un malentendu…), et qui signe peut être la fin de sa carrière. L'occasion pour moi de tenter un petit portrait (avec une pointe d'hommage, en bon mancunien qui se respecte) d'un personnage qui me semble, et c'est paradoxal, pas reconnu à sa juste valeur.

On connait le David Beckham gravure de mode, icône publicitaire, idole des jeunes femmes nippones (encore que Ronaldo a du le détrôner depuis, la classe en moins…ça n'engage que moi), déclenchant des émeutes et évanouissement à chaque apparition, et je pense à peine exagérer le trait. Mais il me semble qu'on assimile trop souvent ce statut de star planétaire à son statut de footballeur, qui est son métier rappelons-le. Je veux dire qu'il n'est pas forcément l'égal sur le terrain, de ce qu'il est en dehors, c'est-à-dire une star capable de faire venir son coiffeur perso d'Angleterre en pleine Coupe de monde se déroulant… en Corée du Sud et au Japon ! Ben oui, parce qu'il le vaut bien ! D'ailleurs si j'employais le terme de « métier » un peu plus haut, ce n'est pas par hasard. David Beckham est un joueur et un professionnel exemplaire, et ça, je pense que ça mérite un coup de projecteur.


Un petit détour par Wikipédia nous apprend que le petit David Robert Joseph Beckham est né le 2 mai 1975 à Leytonstone, (mais si, à l'est de Londres, c'est bien connu) et…c'est tout ! La section est vide, donc je vais compléter en disant qu'il est issu d'une famille de classe moyenne et qu'il a une sœur. Je n'en sais pas beaucoup plus, mais suffisamment pour dire qu'il a eu une enfance somme toute normale. Papa est en haut qui fait du gâteau, maman est en bas tout ça tout ça… Il est repéré par Alex Ferguson, par encore sir (ça viendra après, en partie grâce à David), qui enrôle le jeune dans son club, dont le petit est un grand fan. En gros, un rêve de gosse qui se réalise.


DB est donc footballeur professionnel. Sur le terrain, il joue au milieu, sur le coté droit de préférence. Voilà pour la géographie. Sa spécialité, c'est son pied droit et ce qu'il peut en faire avec un ballon au bout. Point de dribbles chaloupés, de courses folles avec notre ami. Non, lui est le roi de la passe de précision, longue distance de préférence. Du genre à vous dégommer une cannette de Coca, pardon de soda au cola, à 30 mètres de distance et sans élan (la légende, en l'occurrence son coéquipier Rio Ferdinand, raconte qu'il s'entrainait ainsi pour entretenir sa précision). Et comme ça va de soi, il est aussi très doué sur tout ce qui est phases arrêtées, avec une préférence pour les jolies courbes qui s'en vont caresser la lunette du gardien adverse, souvent impuissant. Il faut dire qu'il frappe avec une rare élégance. Point de frappes façon SCUD à 120km/h à la Cristiano. Non, il nous gratifie d'un fouetté du pied droit, donnant une trajectoire magnifiquement courbée, qui donnerait presque envie d'être à la place de la balle. Ainsi, lorsqu'il a commencé à percer dans l'équipe première, ses coups de pattes sont vite devenus le cauchemar des gardiens du Royaume. Mais son but sur coup franc le plus mémorable, à mes yeux, il ne l'a pas inscrit sous la tunique rouge, mais avec le maillot des Three Lions (l'équipe d'Angleterre donc).


Remettons nous dans le contexte : 2001, l'Angleterre dispute son dernier match de qualification à la Coupe du monde 2002. Nous sommes à Old Trafford, Manchester, le jardin de David ou il est l'idole du club deux samedis par mois. L'équation est simple, il suffit de ne pas perdre pour se qualifier. Sinon c'est direction les barrages et leur grande incertitude (le fameux France-Irlande nous l'a tristement rappelé récemment). Mais comme les Anglais ne font jamais rien comme les autres, ils trouvent le moyen de se retrouver menés 1-2 par la modeste sélection Grecque. Le temps défile, les barrages se profilent à l'horizon, puis arrive la 92ème minute. La Grèce concède un coup franc à 30 bons mètres de la cage. Pas facile, mais David ne doute pas une seconde. Il pose la balle, et se tient là, tout de blanc vêtu, auréolé du brassard de capitaine qui plus est, attendant le sifflet de l'arbitre dans un silence de cathédrale. Il prend sa course d'élan, le stade retient son souffle, et envoie une balle à la trajectoire aussi courbée que puissante qui vient transpercer la lucarne droite du pauvre portier hellène totalement impuissant. L'explosion de joie est incroyable, tant du public que du joueur, qui part dans un sprint à s'en rompre les mollets. L'équipe est qualifiée pour la Coupe du monde, par Beckham capitaine et devant son public. Voilà pour moi un moment qui résume David Beckham, le joueur, tout en classe et dévotion à son équipe (on pourrait citer en exemple son émotion, non-feinte, au moment de rendre le brassard de capitaine, après l'élimination de l'Angleterre au mondial 2006, ou ses larmes de sa sortie sur blessure lors de cette même élimination contre le Portugal).


Car il faut aussi signaler qu'après son départ, médiatisé, de Manchester pour le Real Madrid, il fait preuve d'une abnégation dont ne serait pas capable un dixième des joueurs de son niveau, et bossant très dur à l'entrainement, ne se plaignant jamais, pour enfin récolter la place de titulaire qui lui échappait tout en convaincant l'exigeant Fabio Capello. Il disposait pourtant des meilleurs joueurs de l'époque (Figo, Zidane) au milieu de terrain, ce qui a poussé Beckham a jouer un rôle plus défensif. Combien dans sa situation se seraient, au mieux répandu dans la presse, au pire manifesté auprès de leur agent pour quémander un transfert ? En plus de ça, il est droit dans ses bottes, il n'a jamais caché son affection pour United, alors qu'il aurait pu cracher dans la soupe vu les circonstances de son départ (une sombre histoire de chaussure volante dans le vestiaire et d'arcade ouverte...). D'ailleurs l'ovation qu'il a reçu lors de son retour à Old Trafford, avec le maillot du Milan AC, m'a collé une chair de poule mémorable. Il n'est pas resté populaire uniquement grâce à ses exploits sportifs (394 matchs et 86 buts, excusez du peu, sans même parler du palmarès), mais car il est aussi discret et concentré sur son job, qu'il est starisé et businessman à en dehors du terrain.


Son business, venons-en. Voilà pour moi une autre caractéristique qui lui est bien spécifique, et qui justifie mon attachement au beau David (ben oui quoi, même en étant hétéro, y'a pas photo pour dire que c'est franchement un beau gosse !). Il sait faire la part de choses ! C'est tout con, mais sur la pelouse, point de star mondiale capricieuse. Il est un simple footballeur et n'est pas à chercher ou est la caméra pour montrer son meilleur profil, à la différence des nouvelles stars, qui méritent vraiment l'appellation businessmen en short. DB est un businessman, revenus publicitaires de l'ordre de plusieurs dizaines de millions d'euros annuels, mais pas sur le terrain. Car en dehors, c'est une vraie icône de la mode. Récemment son « paquet » dans une pub pour les slips (oui, les slips !) Armani faisait encore parler. On pourrait aussi parler de sa Posh de femme (ce n'est pas une insulte !) qui joue un grand rôle dans ce business, et qui à contribué c'est vrai à modeler la figure Beckham que nous connaissons maintenant (regardez les photos d'avant son mariage, on dirait un ado sorti d'une série AB Productions).


J'ai bien sur oublié plein de choses à propos de sa carrière : ses nombreux et magnifiques buts, comme celui inscrit du milieu de terrain, et sans élan, qui a marqué le début de sa médiatisation en Angleterre, ses passes décisives, le fait qu'il ait joué dans les 3 plus prestigieux clubs européens, son comportement exemplaire sur et en dehors du terrain notamment lorsque tout le Royaume l'a considéré comme responsable de l'élimination de l'Angleterre en 1998 (suite à une expulsion contre l'Argentine). Il lui en fallu du caractère pour remonter la pente…

Allez, le seul accroc qu'on pourrait lui reprocher est le choix d'aller s'exiler à LA, pour faire plaisir à Madame certainement, dans un championnat à l'intérêt sportif douteux. Malgré cela, n'ayons pas peur des mots, j'ai envie de dire que Beckham est un modèle. Pour les non-footeux, disons que c'est un des derniers « monstre sacré » pour reprendre une expression plus parlante à chacun, qui risque de partir. Il ne restera guère que Raul ou Giggs après lui pour nous rappeler l'époque ou les joueurs pouvaient être à la fois géniaux et humains, charismatiques et attachants.

Comment s'attacher à des têtes à claques comme Ronaldo, aussi génial qu'imbuvable, ou à des John Terry capable de mettre la femme de son (ex) meilleur ami et coéquipier enceinte (claaaaaasse!). La nouvelle génération n'a tout simplement pas l'air de vivre dans le même monde que nous, ça me peine, et je ne cache pas craindre à l'avenir une désaffection vis-à-vis d'un sport que pourtant j'adore.


Allez, on se quitte en images (un peu long, mais on a un bon aperçu du talent du mec...Et puis rien ne vous oblige à lire hein!)


edit : problème avec la vidéo, je répare ça dès que possible ;)


Ca y'est, vous pouvez vous régaler !



6 commentaires:

-ben- a dit…

En plus t'as la même coiffure que lui. La classe !

Sinon, quoi de mieux qu'une page facebook pour marquer sa solidarité vis à vis de son absence de la prochaine coupe du monde : http://www.facebook.com/benoit.guillot?v=wall#!/pages/I-Will-Drink-Nothing-But-Becks-All-World-Cup-In-Honour-of-David-Beckham/372062986181?ref=mf

Alban a dit…

*facepalm*

Je la sentais venir de toute façon ! :D

Ben a dit…

Alors, très bon article, vraiment, pour ce qui est sûrement mon deuxième joueur préféré de tous les temps.
Je ne suis juste pas tout à fait d'accord sur ta condamnation de son transfert aux usa. Je pense que le foot est en plein essor là-bas, et que c'est l'endroit idéal pour terminer sa carrière sans se fourvoyer totalement. Il y est juste allé trop tôt.

Je me rappelle de sa dernière saison à Madrid, justement. Il a signé aux LA galaxy au mercato d'hiver, et a été écarté par Capello dès ce moment. Le real avait du mal, jouait mal, ne gagnait pas. Et Capello a rappelé Beckham. Le real a fait la remontée du siècle et fini champions... Extraordinaire!

Tiens, juste pour s'amuser, voilà mon équipe du "foot c'était mieux avant.fc"

Schmeichel - R.Carlos, Hierro, Stam, Matthaus - redondo, Beckham, Mc Manaman, Bergkamp - Raul, Batistuta

Unknown a dit…

j'aime bien la fin de l'article qui fait très vieux con ! j'aurais pu écrire la même chose :D

Alban a dit…

Ben : Son contrat à LA était quand même sacrément juteux en comparaison du niveau du championnat ! Même si on peut toujours penser qu'il est vraiment parti la bas pour être un étendard du soccer, il y'a quand même un sacré enjeu financier derrière, sans compter la pression de madame (ah les femmes...)

Son retour réussi à Milan prouve qu'il avait toujours le niveau pour jouer dans un grand club européen.

Jérôme : Ca fait carrément vieux con oui! Mais j'ai vraiment l'impression qu'on assiste à un tournant dans l'attitude et le style de vie des joueurs.

Isa a dit…

Oui mais d'un côté, s'il avait vraiment voulu du fric, il serait parti quelque part au Moyen Orient. Là il y a quand même un enjeu sportif indéniable! C'est pour ça que je dirais pas que c'est un mercenaire comme beaucoup d'autres... Et puis je crois qu'ils sont plus à quelques millions près, les joueurs de foot de son envergure, non? :D

Je trouve que Beckham est un personne vraiment très intéressant, d'un point de vue médiatique (et plus particulièrement son couple. Ils sont loin de gérer leur exposition médiatique connement, ces deux là!

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