A tout seigneur, tout honneur, j'inaugure mon blog avec le récit de ma journée du 11 juillet 2009, date du premier concert français du 360 tour de U2. Je ne pense pas que le détail des chansons jouées ce soir la soit intéressant, donc je me contente de livrer le récit de ce à quoi peut ressembler une journée d'attente, surtout quand c'est aussi bien organisé que ce le fut ce jour là (ironie inside).
Mon expérience hollandaise quelques jours plus tard m'aura permis de comparer le fossé qui nous sépare d'une bonne organisation en matière de concert, voire même d'une organisation tout court! Enfin bref, assez parlé, le texte est long, je vous laisse tranquille.
Et promis, après je parle d'autre chose que U2!
4 ans d’attente, quasiment jour pour jour depuis ce 9 juillet 2005, qui marquait alors la date de mon seul et unique concert de U2. A tord ou a raison, ce concert de
Cette bonne résolution m’a permis de vivre l’attente lors des dernières semaines assez calmement (sauf lors du lancement de la tournée ou j’ai du calmer mon excitation en allant voir la setlist). En revanche arrivé dans la dernière ligne droite, la fébrilité me gagnait un peu plus chaque jour, jusqu’au jour J-1 ou là, c’est le branle bas le combat. Départ en congé pour 3 semaines, adieu le boulot et plongeon tête la première dans ce week-end U2esque !
Un petit check up de la voiture (histoire de ne pas risquer la panne pendant le week-end le plus important de l’année), le coffre est chargé et c’est le départ pour la région parisienne. Halte chez des forumiens qui ont (plus que) gentiment proposé de m’hébergé pour le week-end. Soirée entre fans, un bon repas accompagné d’un bon dvd U2ien de rigueur, et installation du camping improvisé dans le salon pour une nuit qui fut très courte… la faute aux deux motivées qui ont programmé le réveil à 4h45 (du matin, oui !) qui plus est avec cette magnifique chanson qu'est White as snow... Apres ces quelques heures de sommeil, qui m’ont semblé quelques minutes, nous voici tant bien que mal embarqué dans le RER, direction où vous savez !
Et enfin, me voici devant le lieu sacré, ma Mecque du fan de U2 que je suis (quand je vous dit que le concert de 2005 m’a marqué). Apres 4 ans d’attente, on va pouvoir enfin en découdre, et cette fois ci, en fosse comme tout bon fan hardcore qui se doit. Sauf qu’il y’a deux détails...
Tout d'abord : il est 7h du matin. Et donc c’est parti pour longue attente, ou l’on découvre les joies du sommeil à même le bitume (à coté d’un stade qui porte les initiales SDF, c’est un comble). Le second détail, c’est que nous sommes porte H. Je n’ai pas besoin d’en dire plus, je sens la larme monter à l’œil de nombreux fans. Pour les "non-fans", je me permets quand même d'expliquer brièvement l'exposé du problème...
La porte H est la porte qui a été attribuée à la majorité des places attribués via les préventes de u2.com, c'est à dire que les fans hardcore parmi les hardcore ont une forte probabilité de se retrouver ensemble à cette porte.C'est bien sur ce qu'il se produit, il y'a du monde dès 7 heures du matin (certains ayant dormi sur place), et ça ne fait qu'augmenter au fil des heures. Or la tête pensante de l'organisation du SDF à la bonne idée de ne placer aucune barrière pour juguler et organiser un minimum une vraie file d'attente. Quelques fans iront même jusqu'à acheter de la rubalise au Leroy Merlin d'à coté pour dessiner un semblant de "troupeau" d'attente. La nature humaine étant ainsi faite que certains ont (beaucoup) moins de scrupules que d'autres, un beau bordel s'annonce pour l'ouverture de porte, ou le risque de se faire griller par d'autres arrivés (bien) plus tard que nous est grand. La tension et le stress montent progressivement après le repas (et la sieste... Oui ma p'tite dame, j'ai fait une sieste au pied du SDF!).
J’en arrive donc au moment fatidique. Il est 17h30, nous sommes entassés devant la porte, et un profond sentiment d’injustice nous envahit. Les autres portes sont ouvertes alors que nous sommes plantés là, ne pouvant que constater les dégâts. C’est inévitable, la fameuse préfosse, objet de toutes nos convoitises et du renoncement à toute forme de confort pendant une quinzaine d’heures, sera remplie sans nous.
17h45 : la porte s’ouvre, « et là, c’est le drame » pour reprendre la formule consacrée. Une marée humaine essaie de rentrer par les 5 ou 6 portes qui composent la porte H. Je me sens littéralement porté sans ne pouvoir faire grand-chose. Je m’accroche à mon sac a dos, bloque ma respiration et me laisse porter jusqu'à pouvoir franchir le tourniquet. Un premier bol d’air, de courte durée, épreuve suivante : la fouille. On recommence, et je parviens jusqu’au vigile, qui me repousse assez sèchement. Je ne réagis même pas, car je m’en fous. Je suis obnubilé par l’accès à la préfosse, je ne veux pas que ces 10h d’attente n’aient conduit à rien. Je lève les bras, comme pour lui dire « Je viens en paix », et après une vague palpation il me laisse passer. Et là, tout s’enchaine très vite. Dans un éclair de lucidité, je prends juste le temps de remettre correctement mon sac à dos, et de bien fermer toutes les poches. Car dans les 30 secondes qui ont suivi, j’ai complètement déconnecté les régions « prudence » « lucidité » « réflexion » de mon cerveau, pour ne laisser parler que la zone « Cours Forrest, cours ! ». J’ai couru comme un malade, tout simplement, au point de tamponner un vigile qui devait faire deux fois mon poids. J’ai eu du bol qu’il ne me chope pas… Car une fois arrivé dans le stade, c’est la consternation de voir que la fosse entière parait déjà noire de monde. La préfosse semble même hors de vue. Je tente le tout pour le tout et entame mon second sprint vers l’accès préfosse, sur le coté. Au passage j’aperçois une jeune femme qui au bénéfice de sa course effrénée, envoie son portable s’exploser (c’est le mot) sur le sol. Dommage pour elle, mais c’est toujours une place de gagné pour moi. Car en effet, les dernières places d’accès à la préfosse sont libres. Un bonheur éphémère m’envahit. Malgré la chaotique journée passée, je suis quand même « in the place te be » en ce 11 juillet 2009 : la préfosse du concert de U2, au Stade de France. Bonheur donc, mais éphémère car mes compagnons de route n’ont pas eu cette chance. Arrivés pour la plupart en même temps que moi, ils sont hors de la préfosse. Nous somme seulement 3 du groupe que nous formions, alors que ce n’est évidemment pas ce que nous visions la veille !
Bon, passons sur ces détails, le sujet a été suffisamment évoqué en long, large et travers au sein des différentes communautés de fans. Une fois remis de mes émotions (c’est tout relatif…), un détail me revient en tête. En rentrant dans le stade, j’ai eu l’impression de le trouver changé. Pour l’avoir fréquenté à de nombreuses reprises, je l’ai trouvé « petit ». C’est tout simplement la faute à la chose qui a animé de nombreux débats sur les forums : « sera-t-elle à la hauteur de ce qu’on nous promet ? » « N’est-elle pas trop petite? » « Pas trop grande ? » « Elle est moche vous ne trouvez pas? »… La faute à: The Claw! Je n’ai pas connu l’époque du gigantisme de U2 avec le ZooTv et le Popmart, mais je dois dire que ce monstre de métal mange littéralement le stade. On se sent petit, mais petit à coté… J’ai d’ailleurs du mal à imaginer le même stade avec la scène du Vertigo tour en 2005. Il est 18h, et Dieu que j’ai hâte de voir le concert débuter !
Un petit Coca pour se remonter (merci Delph au passage ;), et les Kaiser Chiefs arrivent pour remplir leur rôle, souvent ingrat, de première partie. Vu la taille du lieu, leur rôle n’est pas anodin, il ne s’agit pas uniquement de faire patienter le peuple, mais aussi de faire monter l’ambiance. Et au fond les Kaiser s’en foutent, car où qu’ils passent ils semblent doués pour faire monter la sauce. Le chanteur est un fou furieux qui court partout, et leur musique est tout simplement bonne, ou kiffante, c’est comme on veut. Un bémol, la basse était trop forte, ça devenait même pénible sur la fin et m’a fait craindre sur le moment pour U2.
Les Kaiser s’en vont, un coup d’œil à l’horloge du stade, il est déjà 20h passées. Je n’arrive pas à croire que je suis ici depuis 7h du matin, tout est passé à une vitesse irréelle. On essaie de se positionner, car étant entré dans les derniers au sein de la préfosse, je me trouve sur le coté droit (coté Adam) , ne voyant donc pas le coté Edge (pour les "non-fans", s'il y'en a et s'ils ont tenu jusque là, je vous invite à jeter un coup d'oeil à la scène pour comprendre de quoi nous parlons). Je ne boude pas mon plaisir, car comme je le disais mes buddies n’ont pas eu cette chance, mais tout de même après 10h d’attente on est en droit d’espérer (un peu) mieux. Finalement, mon champ de vision se cale entre deux gars un peu plus grand que moi, mais qui ont la bonne idée de ne pas se serrer. Je tiens tant bien que mal cette position, entre les italiens qui font des aller retour, et les tortues ninja sponsorisées par Heineken, que je plains presque de devoir se déplacer dans une telle densité humaine (sans parler des odeurs…nous sommes en juillet hein…). Je trouve mes jambes déjà lourdes, surement le contrecoup de la fatigue (réveil à 4h45, rappelons le) et du stress de l’ouverture. Mais soudain, un nuage de fumée apparait au bout de pointe qui domine la batterie de Larry, et David Bowie livre ses premières note de Space Oddity et les cris de soulagement de plaisir des fans se font entendre. C'est le feu vert, cette fois ci c'est pour de bon, pour de vrai, fini les plans sur la comète, dans quelques secondes fini de jouer...
Sing yourself on down the street
Sing yourself right off your feet
Sing yourself away from victory and from defeat
Sing yourself with fife and drum
Sing yourself to overcome
The thought that someone’s lost and someone else has won
Toute la tribune arrière réagit comme un seul homme, le groupe vient d'aarriver derrière la scène. Larry fait son apparition et s'installe. Je ne me souviens plus vraiment de ma réaction, mais crois me sentir envahit d'un puissante émotion, celle qui vous fourmille dans le ventre, et qui vous fait oublier toutes les galères qui ont rendu cette journée inutilement pénible, soufflé de les voir de si près. Je sens même une petite larmichette d'émotion poindre au coin de l'oeil. Et puis Edge le rejoint, puis Adam, puis Bono... Guitare, basse, batterie et chant se rejoignent...
Man at the door says if I want to stay alive a bit longer
There’s a few things I need you to know. Three ..
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6 commentaires:
Très sympa! Tu as bien fait de ne pas parler du détail du concert, on a tous vu le même, mais l'attente a été vécue différemment. J'ai aussi vécu avec beaucoup d'intensité ce premier concert, étant très très ému sur certaines des chansons, au bord des larmes sur UF et Ultraviolet. De très loin ma meilleure tournée de U2...
La porte H restera mythique pour cette date, dans le mauvais sens du terme malheureusement!
En tout ça refroidit sacrément pour refaire des dates en fosse au SDF!
Mais j'avoue avoir plus vibré le second soir à Paris, et je dis pas ça pour te faire plaisir :D.
J'ai vécu à peu près la même journée (mais pas de préfosse à Paris pour moi). Heureusement il y a eu d'autres occasions pour se rattraper :D
Sinon, très sympa ton blog. Continue ;)
même journée pour moi aussi, à quelques détails près : levée un peu plus tard \o/, et pas de préfosse /o\. sans oublier la sortie du stade "organisatioooon de meeeeeeeeeeeeerde" :D
PS : comme c'est le 1er com que je laisse, j'en profite pour te dire chouette blog ;) (et t'écris des bons pavés :-p)
Merci ;)
Promis je vais essayer de faire plus court pour les prochains! :D
Ah non je disais pas ça pour que tu fasses plus court, j'aime bien lire des pavés ;)
(j'ai toujours pas fini celui sur le foot us j'avoue)
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